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Vocageek #2 : c’est quoi l’obsolescence programmée ?

Vocageek #2 : c’est quoi l’obsolescence programmée ?

Le tout jetable a-t-il vécu ? On t’explique dans Vocageek ce que signifie l’obsolescence programmée et quelles sont les différentes pratiques abusives des industriels.

44% des produits électriques et électroniques en panne seulement sont réparés. Entre 1985 et 2015, la durée d’utilisation d’un ordinateur a été divisée par 3, passant de 11 à 4 ans. Et on ne parle même pas des smartphones… Depuis longtemps, des industriels ont adopté un modèle économique consistant à pousser le consommateur au remplacement de son matériel quelques temps après l’avoir acquis. C’est ce que l’on appelle l’obsolescence programmée. La définition que l’on trouve sur Wikipédia, reprend les termes de la loi française, c’est : « l’ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise à réduire délibérément la durée de vie d’un produit pour en augmenter le taux de remplacement ».

L’obsolescence programmée répond à un besoin des industriels de pouvoir réduire la durée de vie des biens de consommation courante. Cette pratique s’est considérablement accrue avec la multiplication des objets du quotidien : électroménager, matériel audio, hifi, vidéo, appareils informatiques et issus des nouvelles technologies de l’information. Les fabricants d’imprimantes personnelles sont régulièrement accusés de pratiquer l’obsolescence programmée de leurs appareils. Les fabricants de smartphones sont également dans le viseur. Apple est souvent accusé de rendre leurs anciens modèles d’iPhone moins performants dès lors qu’un nouveau modèle sortait. Mais, tous les secteurs sont touchés par cette pratique. Ainsi, selon Ford, la durée de vie des premières voitures autonomes sera de quatre ans… comme un ordinateur.

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De quel type d’obsolescence programmée es-tu la victime?

Plusieurs stratégies sont utilisées par les industriels pour faire en sorte que tu sois obligé de changer d’appareils le plus souvent possible.

Première stratégie, les défauts fonctionnels qui empêchent l’appareil de fonctionner sans qu’il soit possible véritablement d’effectuer une réparation. Lorsqu’une pièce ne fonctionne plus, l’ensemble du produit devient inutilisable car le coût de réparation est supérieur à l’achat d’un produit de remplacement. C’est le cas de produits non démontables et de pièces scellées, par exemple quand la batterie d’un téléphone est soudée à un circuit imprimé.

Deuxième stratégie, la péremption planifiée. C’est une stratégie particulièrement utilisée dans l’alimentation. Mais, c’est pour une bonne raison cette fois. La fameuse date limite de consommation indique un risque pour la santé du consommateur s’il utilise le produit au-delà. Mais, concernant les produits technologiques, c’est une toute autre histoire. L’exemple le plus connu est celui des logiciels dont l’éditeur annonce la fin du support à une certaine date. Il oblige alors les utilisateurs à acheter une version supérieure dont ils n’ont pas forcément besoin et qui si elle n’est pas compatible avec le matériel de l’utilisateur entraîne alors obsolescence de celui-ci. Par exemple, même si ton iPhone 4 fonctionne parfaitement, il ne peut plus profiter des mises à jour du système d’exploitation mobile d’Apple ni des applications.

Troisième stratégie, la péremption indirecte. Certains produits deviennent obsolètes alors qu’ils sont totalement fonctionnels par indisponibilité des produits consommables associés sur le marché. Là aussi, les fabricants de smartphones et d’imprimantes abusent de cette pratique. Ainsi, certaines imprimantes deviennent obsolètes lorsque le fabricant cesse de produire les cartouches d’encre propres à ces modèles. L’arrêt de la production de pièces détachées est donc un excellent moyen pour inciter le consommateur à acheter un appareil neuf.

Quatrième stratégie, l’obsolescence culturelle. C’est peut-être le type d’obsolescence le plus pernicieux. L’idée est d’inciter à consommer vite et plus grâce à des stratégies commerciales bien rodées (publicité, surproduction…), rendant ainsi les anciens produits “démodés”. On pourrait même considérer cette obsolescence comme le moteur de notre consommation effrénée. Les enseignes de mode sont les spécialistes de l’obsolescence culturelle, en proposant de multiples collections par an. En moyenne, on achète 60 % de vêtements en plus qu’il y a 15 ans, tout en les conservant deux fois moins longtemps. Apple, encore, est lui aussi un spécialiste de l’obsolescence culturelle, avec sa sortie annuelle d’un nouvel iPhone alors qu’il n’apporte pas toujours une vraie plus-value par rapport à l’ancien modèle.

L’obsolescence programmée, comme lutter ?

L’obsolescence programmée a un impact environnemental et social indéniable. Ainsi, les pays les moins développés sont exploités deux fois, pour leurs minerais bruts nécessaires à la fabrication des appareils, puis pour leurs décharges.

Voici deux pistes pour rendre l’obsolescence programmée obsolète !

  • Acheter des produits plus vertueux. Par exemple, le site produitsdurables.fr indique les produits qui durent le plus longtemps ou qui sont les plus faciles à réparer.
  • Réparer avant de jeter ! Là aussi, il est souvent possible de réparer un appareil électronique. Le site en ligne Spareka t’aide à faire le diagnostique de ton appareil défaillant et le cas échéant te propose la pièce détachée et l’explication pour la réparation. Murfy, une start-up spécialisée dans la réparation d’appareils électroménagers, est aussi très connue dans ce domaine. Il existe aussi iFixit. Cette plateforme propose des tutoriels de réparation à faire chez soi, un genre de Wikipedia contre l’obsolescence programmée.

Enfin, il faut noter que la France est le seul pays de l’UE où l’obsolescence programmée est punie et ce, depuis l’adoption de la loi sur la transition énergétique le 22 juillet 2015.

 

Sources pour cet article :

A propos de l'auteur

Christophe Coquis

Journaliste web et père de deux ados, j'aime tester de nouvelles applications, regarder des séries télé tard le soir, et chasser des Pokemon le jour avec ma fille.

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